Le texte est signé Raphaël Pradeau, professeur, parent d’un lycéen et porte-parole d’Attac. Il l’a déposé le 5 octobre, en pleine vague de blocages. Sa demande tient en une ligne : que les députés votent une loi interdisant, dans les manifestations de lycéens, « dont l’immense majorité sont des mineurs », des armes et des gestes qu’il juge inadaptés.
La liste est précise. Côté gestes : le plaquage ventral, les clés d’étranglement et le pliage corporel, trois techniques d’immobilisation qui peuvent provoquer une asphyxie. Côté armes : les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement, et les pistolets à impulsion électrique de type Taser. Le texte rappelle la mort de Malik Oussekine, en 1986, lors d’une manifestation étudiante.
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Contactez-nousUne main arrachée à Lens
Le déclencheur est un drame survenu à Lens, dans le Pas-de-Calais. Un lycéen y a eu la main arrachée par une grenade assourdissante. Le 7 octobre, auditionné par la commission des lois de l’Assemblée, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de ces grenades pour la durée du mouvement lycéen, le temps d’établir les circonstances de la blessure. Il a en revanche rejeté l’accusation de répression : « Je trouve donc excessif de parler de répressions policières d’un mouvement. »
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La veille, le groupe socialiste avait annoncé une proposition de loi allant dans le même sens. Elle n’a pas encore été inscrite à l’ordre du jour.
Côté signatures, la progression a été rapide. Plus de 100 000 en une semaine, 108 000 le 12 octobre selon LCP, 152 889 ce jeudi sur le compteur officiel. La pétition est rattachée à la commission des lois. Ses membres doivent désigner un rapporteur, qui proposera soit de l’examiner, soit de la classer. Au-delà de 500 000 signatures venues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, la Conférence des présidents peut décider d’un débat en séance publique, comme celui qui a eu lieu en février 2026 sur la pétition contre la loi Duplomb.
Un mouvement parti de Créteil
La mobilisation est née le 17 septembre dans un lycée de Créteil, dans le Val-de-Marne, contre des postes d’enseignants non remplacés. Elle a gagné l’Île-de-France puis les autres régions. Le 6 octobre, 891 établissements sur 3 700 étaient perturbés à la mi-journée, et 256 000 personnes ont manifesté selon le ministère de l’Intérieur, 450 000 selon les organisations lycéennes. Les revendications portent sur les remplacements, les effectifs par classe, l’état des bâtiments et Parcoursup.
Le 26 octobre, le gouvernement a répondu par une série de mesures, dont la transformation puis le remplacement de Parcoursup et le retour sur une partie des suppressions de postes prévues. Lors du débat à l’Assemblée, le 28 octobre, il a confirmé que la plateforme serait remplacée pour la campagne d’admission 2028. Les organisations lycéennes et étudiantes ont jugé ces annonces insuffisantes et appellent à poursuivre le mouvement.
Il manque désormais un peu plus de 347 000 signatures pour atteindre le seuil d’un débat dans l’hémicycle. La date limite de collecte est fixée au 19 juin 2029.
Photo d’illustration : DXR / Wikimedia Commons, Public domain.


