Le projet de loi n°40/2026 avait été transmis à l’Assemblée le 18 septembre. Vendredi 23 octobre, la commission des finances et du contrôle budgétaire, présidée par Alphonse Mané Sambou, l’a rejeté, ainsi que deux amendements du gouvernement. Le groupe d’opposition Takku Wallu s’est abstenu.
Le 19 octobre déjà, Ousmane Sonko, président de Pastef, avait prévenu que ses députés ne voteraient pas la version initiale. Le parti reproche au texte des coupes dans les enveloppes sociales, en particulier la santé, l’éducation et la formation professionnelle, un effort d’investissement réduit et un encadrement plus serré des subventions aux carburants. Selon RFI, il réclame aussi la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, la réduction du train de vie de l’État et l’encadrement des fonds spéciaux, surnommés « caisses noires ».
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Contactez-nousEn plénière, mardi, Cheikh Diba a invoqué l’article 84 du règlement intérieur pour demander le renvoi. Il s’appuie sur une lettre du président de la commission, datée du 26 octobre. Le ministre a assuré que ce renvoi « ne traduit ni un renoncement du gouvernement à ses responsabilités » ni une manière d’éviter le débat.
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Faye et Sonko, l’ancien tandem
Derrière le budget, c’est la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko qui se joue. Le chef de l’État a limogé son Premier ministre en mai et nommé Ahmadou Al Aminou Lô à la tête du gouvernement. Pastef garde, lui, une large majorité à l’Assemblée. Dans un communiqué, Takku Wallu dénonce une guerre entre deux anciens alliés au détriment de l’intérêt national.
Le contexte financier pèse lourd. Depuis 2024, la Cour des comptes a révélé un endettement bien supérieur aux chiffres publiés par l’ancien régime. Le programme avec le FMI est suspendu et les agences Moody’s et S&P ont abaissé la note du pays en catégorie spéculative.
Aucune date n’est encore fixée pour le retour du texte en plénière. En cas de nouveau rejet, le gouvernement pourrait recourir à l’alinéa 6 de l’article 86 de la Constitution, qui permet au Premier ministre de faire adopter le budget sans vote en engageant sa responsabilité. Pastef pourrait alors répondre par une motion de censure.
Photo : SeneNews.



