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Mardi 27 octobre 2026 |L’info en temps réel, au service des citoyens
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Comores

Nos institutions sont-elles devenues un gâteau à partager ?

Aéroport, hôpital El-Maarouf, décisions prises sans vote : dans cet éditorial vidéo, Abdallah Kassim Ali interpelle le secrétaire général du gouvernement et les députés comoriens.

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Nos institutions sont-elles devenues un gâteau à partager ? – éditorial vidéo INFOS ACTU
Éditorial vidéo d’Abdallah Kassim Ali, journaliste et directeur de la rédaction d’INFOS ACTU.

Quand le peuple comorien élit ses députés, il ne leur donne pas seulement un siège. Il leur confie ses yeux et sa voix. Le député est là pour veiller, pour contrôler l’action du gouvernement, pour exiger des comptes au nom de ceux qui l’ont envoyé à l’Assemblée. C’est ce rôle-là qu’il faut rappeler aujourd’hui à nos députés, parce qu’une chose grave est en train de devenir une habitude dans notre pays : nos institutions d’État sont confiées à des opérateurs étrangers sans que le peuple ait été consulté.

Il suffit désormais, semble-t-il, de rencontrer un opérateur extérieur, de discuter avec lui, puis de revenir annoncer : « Je te donne telle société, et telle autre. » Comme on partage des parts de gâteau. Et beaucoup de Comoriens voient derrière ces décisions le bureau de l’actuel secrétaire général du gouvernement, Nour El-Fath Azali, fils du président Azali Assoumani.

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L’aéroport, portail du pays

L’exemple de notre aéroport international. Un aéroport n’est pas une entreprise comme une autre. C’est le portail d’un pays : tout passe par là, les hommes, les marchandises, la sécurité nationale. Or qui, parmi nous, a le moindre indice sur la façon dont cette société étrangère est arrivée chez nous ? Pour quelle durée ? À quelles conditions ? Quel ministère en assure le suivi ? Le peuple n’a reçu aucune réponse claire. On lui a annoncé une décision déjà prise.

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El-Maarouf : plus de huit ans de chantier

Aujourd’hui, on nous parle de l’hôpital El-Maarouf. Plus de huit ans de chantier. Huit ans, c’est le temps d’un doctorat. C’est le temps qu’il faut à un jeune bachelier pour partir étudier la médecine et revenir médecin. Et pendant ces années au pouvoir, monsieur le secrétaire général, l’idée ne vous est pas venue que cet hôpital mérite d’être dirigé par des compétences comoriennes ? Nous avons des médecins. Nous avons des cadres capables de gérer nos institutions. Pourquoi les écarter ?

Monsieur le secrétaire général, une question s’impose à vous : quel est votre engagement pour demain ? Vous savez très bien que le pouvoir n’est pas éternel. Quelle assurance donnez-vous au peuple en confiant nos institutions à des entités étrangères sans son consentement ? Ces décisions sont-elles passées par l’Assemblée nationale ? Ont-elles été débattues, votées, contrôlées ?

Le précédent de la citoyenneté économique

Je vous donne un exemple : le président Sambi. Souvenons-nous. Ce qui a conduit l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi en prison, c’est une loi sur la citoyenneté économique. Une loi mal débattue, peut-être, mais une loi passée par l’Assemblée nationale. L’idée de vendre notre nationalité a au moins été portée devant les élus du peuple.

Ce qui nous dérange aujourd’hui, c’est qu’il ne faut même plus cela. Il suffit qu’un secrétaire général, depuis son bureau, décide quelle entité étrangère viendra prendre telle société. Si une loi votée a mené un président en prison, que dira-t-on demain de décisions prises sans aucun vote ?

Et l’opposition parlementaire ?

Cette parole, je l’adresse aussi à l’Assemblée, et en particulier à Maître Ibrahim Ali Mzimba, chef de file de ce qu’on appelle l’opposition parlementaire. Quel est votre rôle ? Est-ce d’accompagner le chef de l’État dans ses déplacements à travers le monde, puis de revenir avec lui ? Une opposition parlementaire a un rôle simple : exiger. Exiger la transparence, exiger les contrats, exiger des réponses. Alors quelle intervention avez-vous faite sur l’aéroport ? Sur El-Maarouf ? Quelle question avez-vous posée au gouvernement ?

Le peuple comorien ne demande pas l’impossible. Il demande à savoir ce qu’on fait de ce qui lui appartient. Messieurs les députés, monsieur le secrétaire général, vous lui devez cette réponse.

Cet éditorial exprime le point de vue de son auteur. Les personnes citées peuvent faire valoir leur droit de réponse auprès de la rédaction d’INFOS ACTU.

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