Le 1er juillet 2024, au soir de la formation du nouveau gouvernement, Nour El Fath Azali, fils du président Azali Assoumani, est nommé secrétaire général du gouvernement. Un poste habituellement administratif : préparer les conseils des ministres, suivre les dossiers, conserver les textes.
Un mois plus tard, le 6 août 2024, le décret N°24-107/PR, signé par le chef de l’État, refond entièrement l’organisation et les attributions du Secrétariat général du gouvernement (SGG). Le texte, dont une copie a été publiée par Habari za Comores, donne au poste un poids inédit.
Publicité
Votre publicité ici
Faites connaître votre entreprise auprès des lecteurs d'actu-infos.fr.
Contactez-nousCe que dit le décret
L’article 36 est le plus commenté :
La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pour lire la suite
Recevez l'essentiel de l'actualité des Comores, de l'Afrique et de la France dans votre boîte mail. Gratuit, en 10 secondes.
« Le Secrétaire Général du Gouvernement vise tous les arrêtés ministériels et des exécutifs des Îles Autonomes sous peine de nullité desdits arrêtés avant leur publication au Journal Officiel. »
Autrement dit, un arrêté d’un ministre ou d’un gouverneur qui ne porte pas son visa ne peut pas être publié. Le décret lui permet aussi d’« intervenir à toutes les étapes de l’exécution des décisions du Gouvernement » (article 31), lui confère un « pouvoir hiérarchique sur tous les secrétaires généraux et les directions générales des ministères » (article 34) et le charge d’évaluer les ministères tous les six mois (article 39). Le secrétaire général a rang de ministre et reste placé sous l’autorité directe du président (article 7).
Pour plusieurs observateurs, dont le Global State of Democracy de l’institut IDEA, ces pouvoirs font de lui un Premier ministre de fait, alors que la Constitution ne prévoit pas ce poste.
« Son fils », puis le démenti
Le 23 janvier 2025, devant des militants à Mohéli, Azali Assoumani déclare qu’il placera « son fils » à la tête de l’État et du parti, selon Arise News. Dès le lendemain, la présidence dément sur Facebook : le mot « enfant », explique-t-elle, désigne en comorien tout citoyen, et non Nour El Fath. Elle rappelle que le prochain président devra venir d’Anjouan.
2029, le tour d’Anjouan
La Constitution révisée en 2018 fait tourner la présidence entre les îles. En 2029, le tour revient à Ndzuani. Selon les règles actuelles, Nour El Fath, originaire de Ngazidja, ne pourrait donc pas se présenter, sauf nouvelle modification de la Constitution. C’est une réforme constitutionnelle, en 2018, qui avait permis à son père de briguer de nouveaux mandats.
Le pouvoir assure qu’il n’y aura pas de succession familiale. L’opposition dénonce, elle, une dérive dynastique. La réponse se jouera bien avant 2029.
Sources : décret N°24-107/PR du 6 août 2024 (copie publiée par Habari za Comores), Al-Watwan (2 juillet 2024), Arise News et Citizen Digital (janvier 2025), IDEA Democracy Tracker (août 2024).
Suivez INFOS ACTU sur WhatsApp : rejoignez notre chaîne pour recevoir chaque nouvelle vidéo.



