Dans une vidéo diffusée par Chabakat Internetia, Maître Idrissi a déclaré, en substance : « On pensait que, compte tenu de la manière dont Salim Hafi s’était comporté et du ton qu’il avait employé devant le journaliste Oubeid, il adopterait la même attitude au parquet. »
Un tel commentaire sur le comportement de la partie adverse mérite d’être questionné. L’attitude d’un justiciable devant un journaliste ne permet pas de préjuger de la solidité de ses arguments devant la justice. L’appréciation des preuves et des déclarations appartient aux magistrats, et non aux commentaires médiatiques.
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Contactez-nousPlus préoccupante encore est sa seconde intervention, dans laquelle il aurait évoqué l’appartenance de Salim Hafi au parti CRC, dont le président d’honneur serait Azali Assoumani, en soulignant les conséquences que cette affaire pourrait avoir à l’étranger, notamment auprès des journalistes et des ambassadeurs. Il aurait notamment fait valoir qu’il serait préjudiciable de voir des accusations de blanchiment d’argent associées au parti du chef de l’État dans la presse internationale.
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Mais depuis quand la préservation de l’image internationale d’un parti politique relève-t-elle de la mission d’un avocat dans une affaire judiciaire ?
Si ces propos sont fidèlement rapportés, ils donnent matière à s’interroger sur la confusion entre les intérêts d’une défense et ceux d’une formation politique. Maître Idrissi est un avocat, pas le porte-parole du parti au pouvoir. La défense juridique ne devrait pas se transformer en stratégie de communication destinée à protéger l’image de responsables politiques.
Depuis le début de cette affaire, certaines de ses interventions donnent le sentiment que le débat dépasse le cadre strictement judiciaire. Cela ne suffit pas à établir un conflit d’intérêts, mais justifie de rappeler l’importance de l’indépendance, de la mesure et de la rigueur dans la parole publique d’un professionnel du droit.
Il est temps que Maître Idrissi prenne du recul et distingue clairement ses responsabilités professionnelles des considérations partisanes. Les Comoriens sont en droit d’attendre un débat fondé sur les faits et les preuves, plutôt que sur des prises de position susceptibles d’être interprétées comme une défense de l’image d’un parti.
La crédibilité d’un avocat repose autant sur la qualité de ses arguments que sur sa capacité à préserver son indépendance. Dans une affaire aussi sensible, la justice doit rester au centre du débat, loin des calculs de communication et des intérêts politiques.



