Faute d’eau au robinet, la préfecture de Mayotte autorise l’importation d’eau en bouteille produite à l’île Maurice. Une solution d’urgence qui en dit long : près d’un habitant sur trois n’a pas d’eau courante chez lui.
À Mayotte, même l’eau en bouteille devient une affaire régionale. Un arrêté préfectoral daté du 22 octobre et publié le 2 novembre autorise l’importation d’eau embouteillée de la marque ILEA, produite à l’île Maurice par la société Quality Beverages Limited.
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Contactez-nousUne autorisation de trois mois
L’autorisation vaut pour trois mois à partir de la première importation. Les bouteilles seront réservées au marché mahorais et soumises à des contrôles sanitaires. L’arrêté justifie la mesure par la sécheresse, des réserves insuffisantes et des difficultés d’approvisionnement depuis La Réunion. Ni les volumes ni la date des premières livraisons n’ont été précisés.
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Les « tours d’eau » continuent
Sur le terrain, le quotidien reste rythmé par les coupures. La Société mahoraise des eaux a publié un nouveau planning de « tours d’eau » pour la période du 2 au 22 novembre : selon les quartiers, l’eau ne coule que certains jours, à certaines heures. Les familles stockent dans des seaux et des bidons, les écoles et les commerces s’adaptent.
Le problème est plus profond que la sécheresse. Selon l’Office de l’eau de Mayotte, 30 % de la population n’a pas d’eau courante à domicile, soit parce que le logement n’est pas raccordé, soit à cause des coupures.
Un pansement, pas une solution
Faire venir de l’eau de Maurice, à plus de 1 500 kilomètres, peut soulager les familles à court terme. Mais l’eau en bouteille coûte cher, et ce sont les ménages les plus modestes qui en paient le prix. Retenues collinaires, usine de dessalement, réparation des réseaux qui fuient : les chantiers structurels sont connus. Tant qu’ils n’aboutissent pas, les Mahorais continueront de vivre au rythme des tours d’eau.
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