Mardi 27 octobre, Azali Assoumani atterrit à Moscou pour le sommet Russie-Afrique. Le même jour, Maître Ibrahim Ali Mzimba prend lui aussi la route de Moscou, via Addis-Abeba, pour le forum économique organisé en marge du sommet.
Le député voyage au titre de ses fonctions : il préside la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée de l’Union et il est, depuis mai, vice-président de la commission Diplomatie du Parlement panafricain. Rien d’illégal à cela. Mais une question se pose. Quand le chef de l’opposition parlementaire est à Moscou en même temps que le chef de l’État, qui, à Moroni, demande des comptes au gouvernement ?
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Contactez-nousCar c’est le seul travail qu’on attend de lui. L’opposition parlementaire n’est pas un titre honorifique. Elle existe pour une raison simple : la majorité soutient le gouvernement, elle ne le contrôle pas. Quelqu’un doit donc poser les questions qui dérangent, demander les contrats, exiger les chiffres et dire au peuple ce qui se passe dans ses institutions.
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Ces questions, INFOS ACTU les a posées le 27 octobre dans l’éditorial « Nos institutions sont-elles devenues un gâteau à partager ? ». Qui a décidé de confier l’aéroport international à une société étrangère ? Pour combien de temps ? À quelles conditions ? Pourquoi l’hôpital El-Maarouf reste-t-il un chantier après plus de huit ans ? Ces décisions sont-elles passées devant l’Assemblée de l’Union ? Nous n’avons trouvé, à ce jour, aucune question écrite, aucune interpellation ni aucune déclaration publique du chef de l’opposition parlementaire sur ces dossiers. S’il en existe, nos colonnes lui sont ouvertes pour les publier.
Maître Mzimba sait pourtant élever la voix. Il a publiquement appelé la France à « plier bagage » et à mettre fin au visa Balladur. Ce jour-là, il a parlé fort. Le peuple comorien lui demande aujourd’hui de parler aussi fort sur ce qui se passe chez lui.
Regardons ailleurs. En France, chaque semaine, les députés de l’opposition interrogent les ministres lors des questions au gouvernement, en direct à la télévision. Au Sénégal, le député Guy Marius Sagna, élu du Pastef, a adressé en juillet 2025 douze questions écrites au gouvernement d’Ousmane Sonko. Il les a posées à un gouvernement de son propre camp, sur des engrais, un hôpital régional, des villages sans électricité ou des litiges fonciers. Si un député de la majorité contrôle son propre gouvernement, que doit faire un chef de l’opposition ?
Personne ne demande à Maître Mzimba d’insulter le pouvoir ni de boycotter les institutions. Avocat, ancien ministre des Affaires étrangères, il connaît mieux que quiconque les outils que la Constitution donne aux députés : la question écrite, la question orale, la commission d’enquête. Il lui suffit de s’en servir.
Les Comoriens ne lui demandent pas de suivre le président. Ils lui demandent de suivre l’argent public, les contrats et les promesses. C’est le mandat que l’opposition parlementaire a reçu. Nous attendons ses questions.
Abdallah Kassim Ali, fondateur et directeur de la publication d’INFOS ACTU.
Droit de réponse : Maître Ibrahim Ali Mzimba peut adresser sa réponse à contact@actu-infos.fr. Elle sera publiée intégralement.



