Licenciée en relation et négociation commerciale, rien ne la destinait au journalisme. En 2021, un appel à recrutement de l’ORTC à Mohéli change sa trajectoire. Cinq ans plus tard, Chadaly Binti Kadafi a travaillé sur les trois antennes de l’Office de radio et télévision des Comores. Elle fait partie des rares journalistes du pays dans ce cas.
Elle n’a pas fait d’école de journalisme et ne l’avait jamais envisagé. « Je ne savais pas qu’un jour je deviendrais journaliste », dit-elle. Son diplôme, une licence en relation et négociation commerciale, la préparait plutôt au monde de l’entreprise.
Publicité
Votre publicité ici
Faites connaître votre entreprise auprès des lecteurs d'actu-infos.fr.
Contactez-nousTout commence en 2021 à Mwali. L’Office de radio et télévision des Comores (ORTC), alors dirigé par Salim Hafi, lance un recrutement sur l’île. Son profil ne correspond pas à ce que cherche la maison, mais l’office manque de bras. « Le recrutement ne visait pas mon domaine, mais l’ORTC avait besoin de journalistes. J’en ai parlé avec mon mari, et il a accepté. » Elle se présente et observe d’abord le fonctionnement de la rédaction. « Je suis allée voir comment ça marchait. »
La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pour lire la suite
Recevez l'essentiel de l'actualité des Comores, de l'Afrique et de la France dans votre boîte mail. Gratuit, en 10 secondes.
Neuf mois de stage, puis le statut de « rebelle »
Elle commence par neuf mois de stage à l’antenne de Mohéli. Elle est ensuite recrutée sous un statut que les agents de l’office appellent « rebelle » : elle est payée directement par l’ORTC, et non par l’État. Comme beaucoup de jeunes journalistes de la maison, elle apprend le métier sur le terrain, sans la sécurité d’un poste de fonctionnaire.
Voidjou, la matinale et Wushe Homasiwani
Puis la vie de famille décide de la suite. Son mari, pharmacologue, est affecté à Ngazidja. Elle demande sa mutation et rejoint le siège de l’ORTC à Voidjou, comme journaliste-reporter. Ce poste l’expose davantage au public. Elle intervient dans la matinale de l’ORTC. Pendant plusieurs années, elle présente aussi l’émission Wushe Homasiwani.
Elle ne passe pas devant la caméra sans préparation. « Nous avons bénéficié de nombreuses formations à la présentation télévisée, assurées par Soilihi Abdallah Moina », raconte-t-elle.
Elle cite aussi une autre personne qui a compté dans son parcours. « La personne qui m’a le plus aidée, c’est mon collègue Hilalidine Ben Cheick. C’est lui qui m’a fait monter pour la première fois sur un plateau radio. »
Anjouan, troisième antenne
En 2026, son mari est affecté à Ndzuani. Elle le suit, et l’ORTC lui ouvre les portes de sa troisième antenne. Elle y poursuit le terrain et l’antenne. « Je fais des reportages et je présente même le journal radio. »
Mohéli, la Grande Comore, Anjouan : en cinq ans, Chadaly Binti Kadafi a travaillé dans les trois rédactions de l’office public. Dans un média où l’on fait souvent carrière sur une seule île, ce parcours lui donne une connaissance rare des trois publics comoriens. Elle est aujourd’hui en poste à Anjouan, au micro du journal radio.
Propos recueillis par la rédaction d’INFOS ACTU

