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Abdallah Kassim Ali, le fils qui a couronné sa mère

Dans « Mardhua, une reine vendeuse », le professeur et journaliste comorien rend hommage à sa mère, vendeuse de fagots au marché de Volo-Volo, et à toutes les femmes dont les sacrifices restent invisibles.

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Abdallah Kassim Ali, auteur de « Mardhua, une reine vendeuse »

Professeur de français, journaliste et militant de la société civile comorienne, Abdallah Kassim Ali publie « Mardhua, une reine vendeuse » (Hello Editions). Dans ce récit autobiographique, il rend à sa mère, vendeuse de fagots au marché de Volo-Volo, la couronne que la vie ne lui a jamais donnée.

Au commencement, il y a le bois.

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Un bois qu’on ramasse, qu’on porte, qu’on lie en fagots. Un bois qu’on vend ensuite, pièce après pièce, dans le vacarme de Volo-Volo, le grand marché de Moroni. C’est là que Mardhua Adam a passé sa vie : de longues journées, des gains minuscules, un dos courbé et des mains qui ne se plaignaient pas. Personne n’écrit l’histoire de ces femmes-là. Son fils l’a fait.

Paru le 16 octobre 2026, Mardhua, une reine vendeuse n’est ni un roman ni un essai. C’est un récit autobiographique, presque un acte de reconnaissance. Abdallah Kassim Ali y raconte une femme qui a affronté la pauvreté, les épreuves et les injustices sans jamais perdre sa dignité. Le titre dit tout : là où la société voyait une vendeuse, l’enfant a toujours vu une reine.

L’enfant de Vanadjou

Abdallah Kassim Ali est né en 1992 à Vanadjou, dans la région d’Itsandra, au nord de Moroni. Il appartient à une génération de Comoriens qui a grandi entre la dureté du quotidien et la promesse de l’école.

Cette promesse, il l’a tenue. Il a obtenu une licence de lettres modernes françaises à l’Université des Comores, puis il est parti pour Paris. Il y prépare aujourd’hui un master Médias, Cultures et Sociétés à l’Université Paris 8.

Entre-temps, il est devenu professeur de français et journaliste. Ce sont deux métiers de transmission, deux façons de faire circuler la parole. Dans la société civile, il défend l’engagement citoyen et les droits humains.

D’où lui vient ce sens du devoir envers les autres ? La réponse tient en un lieu : le marché. C’est là, enfant, qu’il a vu une femme se battre chaque jour pour les siens.

Écrire pour payer une dette

Pour lui, écrire n’a rien d’un exercice de style. C’est un devoir de mémoire.

Le livre raconte les combats quotidiens de Mardhua. Il raconte surtout ce qu’elle a transmis à son fils, sans grands discours, et qui tient en quatre mots : la persévérance, la foi, le travail, l’espérance. C’est l’héritage d’une femme qui n’avait rien d’autre à léguer, et qui a pourtant tout donné.

Chaque étape du parcours de l’auteur porte la trace de cette mère : le professeur, le journaliste, l’étudiant parti à Paris. Derrière chaque diplôme, il y a des fagots vendus à Volo-Volo.

Une reine parmi tant d’autres

Le livre touche parce qu’il dépasse l’histoire d’une seule famille. À travers sa mère, l’auteur salue toutes les femmes dont les sacrifices restent invisibles, mais dont la force façonne des familles entières.

Ce sont les vendeuses des marchés de Moroni, de Mutsamudu ou de Fomboni. Ce sont les mères de la diaspora qui cumulent les emplois à Marseille ou à Paris. Ce sont toutes celles qu’on croise sans jamais les voir.

Aux Comores comme ailleurs, ce sont souvent les mères qui tiennent les familles debout, au prix de sacrifices que personne ne compte. En cela, l’histoire de Mardhua est profondément comorienne, et profondément universelle.

Le livre construit aussi un pont. Écrit par un Comorien formé aux lettres françaises, il fait entrer dans l’édition francophone une figure qu’on n’y rencontre presque jamais : la commerçante anonyme d’un marché comorien, devenue héroïne.


Abdallah Kassim Ali n’a offert à sa mère ni maison ni fortune. Il lui a peut-être offert mieux : son nom sur une couverture, et la certitude que son histoire ne sera pas oubliée.

Au marché de Volo-Volo, une reine a enfin reçu sa couronne.


Couverture du livre « Mardhua, une reine vendeuse » d'Abdallah Kassim Ali (Hello Editions)
« Mardhua, une reine vendeuse », disponible en librairie.

LE LIVRE
Mardhua, une reine vendeuse, Abdallah Kassim Ali
Hello Editions, collection Green (Bien-être & spiritualité)
Paru le 16 octobre 2026 · 13,90 € · ISBN 979-10-443-2788-8
Disponible sur le site de l’éditeur, en librairie (distribution Hachette), à la Fnac, chez Cultura, Decitre, E.Leclerc et sur Amazon.

Abdallah Kassim Ali est le fondateur d’Actu-Infos.

Joseph Poll, correspondant Actu-Infos.fr à Paris

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